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Note de lecture n°3 : « Contexte épidémique, souci environnemental… Malgré la crise et les mutations qui secouent »

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portrait de Nicolas Farmine

par Nicolas Farmine

Journaliste au figaro dans la rubrique voyages.

https://www.lefigaro.fr

Publié le 02 janvier 2022

Les envies et les pratiques touristiques s’affinent au gré d’une année de nouveau marquée par la pandémie de Covid-19. Au cœur de ces comportements : liberté, activité et localité.

Privilégier des vacances flexibles.

Organiser ses vacances à l’avance, c’est en pratique choisir l’option de la sérénité. Mais au temps du Covid-19, l’imprévu est de mise : fermetures de frontières, annulations de réservations, mesures d’isolation… Tant de raisons qui poussent un très grand nombre de Français à faire le choix de voyages flexibles. D’après l’agence de voyages Tourlane, 87% d’entre eux sont attentifs aux prix et à la flexibilité des conditions de leurs réservations de voyage. Un comportement qui risque de perdurer, comme l’explique Pascal Capellari, directeur de l’école de tourisme Excelia, au Figaro : « La recherche de tarifs flexibles est un comportement qui se multiplie parmi les voyageurs. Les hôteliers s’adaptent en proposant de nombreuses offres annulables ».

Homme dans un siege en toile devant la mer et à coté de son van aménagé

Lancé avant le Covid-19, en février 2019, le programme de fidélité ALL – Accor Live Limitless propose par exemple une offre garantissant une annulation sans frais allant jusqu’au jour de l’arrivée. Un système de réservation encore plus apprécié par ses clients depuis la mise en place de mesures de restrictions sanitaires à travers le monde. Airbnb, qui enregistre un fort succès malgré la pandémie, propose parmi ses filtres de réservation un bouton « annulation gratuite ». Les voyageurs tentés par ce type de réservation de dernière minute profiteront de cette fonctionnalité de la plateforme américaine (« Je suis flexible »), permettant de choisir un séjour en fonction du type d’hébergement et non plus en fonction de la date d’arrivée.

Séparer loisirs et travail.

Alors que l’année 2021 était synonyme de télétravail et du « nomadisme digital », 2022 sera l’occasion pour de nombreux voyageurs français de déconnecter avec le travail. Le site de réservation en ligne Booking.com vient de publier une étude recensant les tendances de voyage qui révèle que 68% des internautes privilégient désormais des vacances plus courtes, mais déconnectées du travail. L’étude annonce également que ces voyageurs recherchent avant tout des vacances favorisant un repos «de qualité » (comprenez, sans perturbation externe). Alors, pour des vacances réussies, fermez les écoutilles.

Opter pour d’autres modes de transport et d’itinérance.

Le roadtrip est synonyme de liberté et de nouvelles itinérances. Yescapa

Être maître de son voyage à bord d’un véhicule offre de nombreux avantages : indépendance, choix de l’itinéraire et dépaysement. Autant d’arguments qui ont achevé de convaincre de nombreux vacanciers nomades. Fini la dépendance aux transports en commun, l’attente interminable d’une salle d’embarquement et les destinations surfréquentées.

Une tendance qui se confirme avec l’augmentation du nombre de location de véhicules aménagés, comme l’explique Benoît Panel, cofondateur et président-directeur général de Yescapa, entreprise de location de camping-cars et vans entre particuliers, au Figaro : « Les vacanciers ont de moins en moins envie de monter dans un avion avec le Covid. Ils souhaitent se faire plaisir pour une période limitée. Le van est une façon d’en profiter : c’est économiquement abordable, cela permet d’éviter les foules et de profiter du tourisme de proximité » explique-t-il.

L’occasion de découvrir (ou redécouvrir) de nombreuses régions de France en toute indépendance, comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Nouvelle-Aquitaine ou encore la Bretagne, des destinations notamment prisées par les clients de cette plateforme de location entre particuliers. Après avoir enregistré près de 127.000 demandes de réservations de mai à août 2021, l’entreprise bordelaise s’attend à une nouvelle progression en 2022 : « Covid ou pas, la demande ne risque pas de s’arrêter. L’an dernier, près de 75% des Français se disaient être tentés par un roadtrip. C’est un nouveau pan touristique qui se développe », décrit Benoît Panel.

Sélectionner des destinations moins fréquentées.

Quoi de pire que de se retrouver enfin à destination, pour découvrir que l’endroit est victime d’une surfréquentation touristique ? Impossible de profiter convenablement de son séjour, à moins que les sites touristiques prennent elles-mêmes des mesures de restrictions ? Ce sera pour la première fois le cas en France dans de nombreux lieux plébiscités par les vacanciers en 2022 : près Marseille, le Parc National des Calanques mettra en place dès 2022 des jauges quotidiennes pour les touristes allant de 200 à 300 personnes maximum. Idem du côté de l’île de Porquerolles, qui l’été dernier ne tolérait pas plus de 6000 touristes par jour sur son sol .

Ailleurs en Europe, l’île de Majorque (Espagne) limitera le nombre de bateaux de croisières autorisés à jeter l’ancre autour de ses eaux à partir de 2022 et ce pour cinq ans. Une façon pour ces destinations de préserver leur biodiversité et réduire au maximum la formation de cluster de Covid-19, et l’occasion pour les touristes de souffler un peu.

Passer au tourisme responsable.

De plus en plus de jeunes voyageurs français souhaitent que leur argent profite aux locaux. Adobe Stock

Après le souci de l’environnement et de la biodiversité en 2021, le respect des destinations et de la population locale entre en jeu en 2022. Booking révèle que 56% des voyageurs Français interrogés souhaitent « vivre des expériences authentiques et représentatives de la culture de leur destination ». Une tendance qui s’accompagne également d’un respect de l’environnement et des traditions des populations locales : « Ce type de tourisme devient une priorité, notamment chez les millennials. Près de 71% des jeunes français souhaitent que leur argent profite aux locaux, en France comme à l’étranger » précise Pascal Capellari, citant le travail des chercheurs associés d’Excelia.

De nouvelles plateformes collaboratives s’engouffrent dans la brèche. MakeYourTripBetter, créé par Olivier Gibouin, 43 ans, ancien directeur financier, met en lien directement les voyageurs et les habitants « selon un système d’évaluation mutuelle ». Greengo.voyage, lancé par un jeune polytechnicien, Guillaume Jouffre, 29 ans, se veut une alternative à Booking et Airbnb, « avec une offre de qualité, des commissions équitables et une juste rémunération des hébergeurs ». Ce service privilégie le local au lointain… Et le train à l’avion.

Voyager près de chez soi.

L’évasion n’est pas soumise à un impératif kilométrique. Au temps où les destinations exotiques et lointaines règnent, on en oublie parfois qu’il est possible de se faire plaisir à proximité de son lieu de vie. Cette alternative a un nom : le staycation, contraction anglaise de stay, rester, et vacation, vacances. Une mode née aux États-Unis, ressuscitée après la crise financière de 2008 et par la nécessité de faire des économies sur les vacances. Ces projets rendus possibles par des plateformes de réservation en ligne comme Staycation, qui tire littéralement son nom de cette pratique, et propose des séjours avec jusqu’à 70% de rabais dans de beaux établissements à Paris, Lyon ou Bordeaux. «Au-delà de passer une nuit dans un bel hôtel, l’objectif est d’offrir une expérience inédite, immédiate et clé en main» expliquait son cofondateur Mathieu Dugast au Figaro en 2019. Une autre façon de voyager, favorisée par les Français depuis le Covid afin de vivre leur quotidien d’une autre manière, le temps d’un moment à part.

Favoriser des vacances « actives ».

Un voyage sportif est souvent synonyme de bien-être.

Lors d’un voyage, le bien-être passe souvent par l’activité physique. Quoi de mieux que d’associer vacances et activités sportives ? D’après Tourlane, ce style de voyage « actif » serait favorisé par près de 17% des Français. Cyclotourisme, randonnée ou ski… Les idées d’activités ne manquent pas, et les offres non plus.

Près de vingt ans après une première expérience dans le voyage, Decathlon fait son retour dans le domaine du tourisme. Le leader de l’équipement sportif français propose ainsi depuis juillet 2021 une plateforme digitale, s’adressant avant tout aux sportifs débutants, nommée « Decathlon Travel », et qui donne aux vacanciers la possibilité de choisir parmi de nombreuses offres de voyage sportif (comme du kayak, du kitesurf ou de la plongée) en France et à l’étranger (Cap Vert, Cuba, l’Égypte…). « C’est aujourd’hui un marché de niche que l’on souhaite rendre plus accessible en sélectionnant les meilleures offres du marché en France, comme à l’international », explique Estelle Verdier, directrice générale de la filiale.

Si Decathlon Travel possède un agrément d’agence de voyages ainsi qu’une licence Atout France, l’entreprise ne crée pas pour le moment ses propres voyages mais distribue des offres déjà existantes en phase avec l’ADN de l’entreprise. Et elle n’est pas seule sur la piste : une start-up française lancée en octobre 2019, Move Your Trip, propose elle aussi des séjours sportifs et de remise en forme à des vacanciers dans des lieux calmes et dépaysants, comme l’Alpe d’Huez (Isère) et Notre-Dame-de-Monts (Vendée). Prêt ? Partez !

« Revenge travel », ou la boulimie du voyage.

La pandémie de Covid-19 a mis à mal de nombreux projets de voyage et de vacances à l’étranger. Les annulations en cascade, les reports de mesures sanitaires et fermetures de frontières n’ont pourtant pas découragé les voyageurs français dans leur quête de dépaysement : d’après Tourlane, 75% d’entre eux s’estiment prêts à voyager en 2022. Ce phénomène a un nom : le « revenge travel ». Né d’Asie en 2020 dans des régions très touchées par le Covid-19, il s’est matérialisé par une très forte reprise de l’activité touristique, d’abord au niveau local, avant son exportation ailleurs sur le continent. En Chine, les autorités ont encouragé leur population à voyager à travers le pays afin de participer à la reprise de l’économie. Chez nous, ce comportement s’apparente presque à de la boulimie : « Dès que les Français ont eu une fenêtre, ils se sont rués sur tout ce qui pouvait les sortir de leur quotidien entre quatre murs » expliquait Stanislas Gruau, fondateur de l’agence de voyages d’aventure Explora Project, au Figaro en début d’année dernière. Depuis, la nouveauté perdure et est constamment alimentée par la peur de nouvelles restrictions sanitaires. Comme s’il fallait consommer à tout prix, pour ne rien « rater » ? Non : en 2022, le mot d’ordre est bien de profiter.

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