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  • 10 décembre 2020
  • Par APST

La Revue de presse économique de l’APST du 1er au 10 Décembre 2020

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Aérien

 

Tensions entre la France et les Pays-Bas sur Air France-KLM.

Recapitalisation d’Air France-KLM, qui doit intervenir par étapes en 2021, pourrait être l’occasion de renforcer l’emprise du siège français sur la compagnie néerlandaise. C’est du moins ce que souhaitent les autorités françaises, au risque de rallumer la querelle avec une partie des salariés de KLM et des responsables politiques néerlandais, soucieux de préserver l’autonomie de la compagnie nationale.

Les autorités françaises souhaitent en effet profiter des discussions en cours avec leurs homologues néerlandais sur le nécessaire renforcement des fonds propres d’Air France-KLM pour « clarifier » les responsabilités et mettre fin à ce qu’ils considèrent comme des « dysfonctionnements » dans la gouvernance d’un groupe international privé. Cette clarification se traduirait, en interne, par une nouvelle réduction de l’autonomie de KLM, sur des sujets clef comme la gestion de sa flotte, de ses destinations et de sa filiale low-cost Transavia. Avec pour objectif de renforcer les synergies avec Air France et de gagner en efficacité et en rentabilité.

Dans un entretien aux « Échos », le 13 novembre, le directeur général d’Air France-KLM, Benjamin Smith, avait lui-même évoqué le sujet de l’intégration, soulignant le manque d’une « véritable stratégie de groupe ». Ce qui avait suffi à susciter des réactions inquiètes dans la presse néerlandaise. Le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, en avait rajouté le 22 novembre, lors du Paris Air Forum, en expliquant que « l’État est prêt à monter à monter au capital dans des proportions importantes », mais que le sujet le plus important est de savoir « si on est prêt à intégration plus importante avec nos amis néerlandais ».

En coulisse, certains utilisent toutefois des termes moins diplomatiques envers « les amis néerlandais » d’Air France-KLM, accusés d’abriter un « courant séparatiste ». « Air France-KLM est un groupe privé international, dont KLM est une filiale. Il est quand même très paradoxal que les dirigeants d’une filiale refusent de s’inscrire dans une stratégie de groupe, fait-on remarquer à Paris. Cela n’existe nulle part ailleurs ».

De quoi susciter une nouvelle levée de boucliers chez KLM, mais aussi à La Haye, où le souci de préserver le maximum d’autonomie possible pour KLM ne s’est jamais démenti, malgré 17 ans de vie commune avec Air France. C’est au nom de la préservation des intérêts néerlandais que le ministre des finances, Wopke Hoekstra, avait lancé un raid boursier surprise en février 2019, afin de porter la part de l’État néerlandais au niveau de celle de l’État français, soit 14 %. Invité à commenter les déclarations françaises, Wopke Hoekstra, n’a d’ailleurs dissimulé une certaine irritation. « Il n’est pas certain que les choses iront mieux avec plus d’intégration. Dans l’immédiat, ce n’est pas quelque chose qui m’enthousiasme », a-t-il déclaré à la télévision néerlandaise.

Le sujet est d’autant plus sensible aux Pays-Bas que l’actuelle coalition gouvernementale et son ministre des finances jouent leur avenir aux élections générales de mars, notamment sur la gestion du dossier KLM, qui divise l’opinion, tant sur le soutien financier accordé à la compagnie que sur l’impact environnemental du transport aérien. Des concessions trop importantes aux Français sur l’autonomie de KLM, après les quelque 700 millions d’euros investis en 2019 et les 3,4 milliards d’euros de prêts accordés difficilement en septembre, risqueraient de lui coûter très cher politiquement. (…)

Conscients de ces difficultés, les autorités françaises et les administrateurs du groupe, semblent soucieux de ménager, autant que possible, leurs partenaires néerlandais. « Il ne s’agit pas de nier la sensibilité nationale et l’importance que revêtent KLM et l’aéroport de Schiphol aux Pays-Bas, souligne-t-on côté français. Nous ne sommes pas non plus en conflit avec l’État néerlandais. L’objectif est que cette opération [de recapitalisation NDLR] soit pacifiée », affirme-t-on à Paris (…).

https://www.lesechos.fr 26/11/2020.

 

L’interminable descente aux enfers des compagnies aériennes

Des avions de la Lufthansa immobilisés sur le tarmac de l’aéroport de Francfort-sur-le-Main, en mars. onemorepicture / Thorsten Wagner/imago images/onemorepicture via

L’à-pic du Covid a fait plonger toutes les compagnies aériennes cette année. À l’échelle de la planète, leurs revenus ont été divisés par trois, passant de 838 milliards de dollars à 328 milliards. L’industrie a fait un bond en arrière de dix-sept ans en nombre de voyageurs transportés, avec 1,8 milliard de passagers au lieu de 4,5 milliards en 2019.

Restructurations, faillites, consolidation… Le paysage de l’aérien ne sera plus le même au sortir d’une reprise qui s’étendra sur quatre à cinq ans… ou plus. Début novembre, Eurocontrol, l’organisation intergouvernementale de navigation aérienne, a bâti trois scénarios de redressement selon l’efficacité des vaccins et la fin de la pandémie. Le plus optimiste prévoit un retour au niveau de 2019 en 2024 au plus tôt, si la vaccination a été largement déployée à l’été 2021. Deuxième option, la vaccination est largement disponible à l’été 2022. Dans ce cas, le trafic de 2024 ne représenterait que 92 % de celui de 2019. Troisième scénario, le plus sombre : le Covid-19 persiste et la confiance des voyageurs est durablement entamée. Alors, en 2024, à peine 75 % du trafic de 2019 serait atteint ; et il faudrait attendre 2029 pour un retour à 100 %.

Des États moins généreux

Quel que soit le scénario, toutes les compagnies ne seront pas sur la ligne d’arrivée après la crise. Huit mois après la descente aux enfers, leurs dirigeants ont mis en place des plans de sauvetage pour réduire les coûts: partout, les coupes dans les effectifs sont massives. Aux États-Unis, American Airlines a remercié 19.000 salariés, United 13.000. Lufthansa pourrait aller jusqu’à 30.000 suppressions de postes. Chez Air France, un plan de départs volontaires devrait porter début 2021 sur 3700 postes au sol. Au total, en prenant en compte les départs des navigants déjà actés, la compagnie tricolore devrait se séparer de 8500 salariés (sur 45.000).

Les avions les plus anciens et les plus coûteux sortent des flottes. La majorité des appareils long-courriers sont cloués au sol en attendant des jours meilleurs. Les livraisons de nouveaux appareils sont reportées. Les routes et les fréquences sont supprimées. Globalement, les « compagnies ont réduit leurs coûts de près de 46 %. Mais leur chiffre d’affaires est en baisse de 61 % », a rappelé fin novembre Alexandre de Juniac, le directeur général de Iata (Association internationale du transport aérien). Les pertes sont donc vertigineuses : 118,5 milliards de dollars en 2020. Pis, elles seront toujours importantes en 2021. Les acteurs de taille moyenne ont un niveau de cash suffisant pour tenir huit mois et demi avant de se retrouver à sec, selon IATA.

Les low-costs sont entrés dans la crise avec un bilan solide et elles ont réussi à baisser de 20 à 30%

Face à cette crise inédite, la plupart des États ont volé au secours des compagnies installées sur leur territoire, et notamment de leurs compagnies historiques nationales. Au total, 173 milliards de dollars ont été apportés par les gouvernements ces derniers mois pour éviter les faillites en série. Insuffisant, estime Alexandre de Juniac: «Pour les prochains mois, les besoins de l’industrie devraient être évalués à 70 à 80 milliards de dollars d’aides supplémentaires. Sinon, des compagnies ne survivront pas », a-t-il indiqué le 20 novembre lors du Paris Air Forum. Mais, « après un soutien massif lors de la première vague, les gouvernements se montrent aujourd’hui plus sélectifs dans les aides apportées », observe Yan Derocles, analyste chez Oddo BHF Securities. Le Royaume-Uni ne délie plus sa bourse. L’Allemagne non plus. Dans l’Hexagone, en revanche, l’État se dit prêt à participer à la recapitalisation d’Air France-KLM.

Le paysage est particulièrement sombre pour les compagnies de taille plus modeste, rarement aidées par les États. Or, 42 % de la flotte européenne est détenue par des compagnies régionales ou intra-européennes qui possèdent moins de 50 appareils ! « L’hiver risque d’être très long pour elles », reconnaît Yan Derocles. Voire mortel.

Les low-costs mieux placés

Les compagnies occidentales observent avec envie leurs homologues chinoises et russes. En septembre, les premières avaient quasiment retrouvé leur niveau d’avant le Covid, grâce à leur gisement de passagers nationaux. Elles devraient redevenir profitables dès la fin de cette année, selon Iata. En Russie aussi le marché intérieur a fait rebondir l’aérien, au point que le marché domestique est en croissance par rapport à l’an dernier. Aux États-Unis, la taille du marché intérieur a également porté l’activité des compagnies. Mais avec un trafic inférieur de 65 % à celui de 2019, elles sont loin d’avoir retrouvé leur santé de fer.

Les compagnies les plus résilientes sont surtout les low-costs, avec leur capacité à compresser leurs charges. « Elles sont entrées dans la crise avec un bilan solide et elles ont réussi à baisser de 20 à 30 % leur base de coûts », analyse Yan Derocles. Ryanair en donne une idée avec sa commande jeudi de 75 nouveaux Boeing 737 MAX – l’appareil cloué au sol depuis vingt mois après deux accidents mortels. Leur prix a certes été bradé par l’avionneur. Mais Ryanair a confiance dans son avenir.

https://www.lefigaro.fr 03/12/2020.

 

Tourisme

 

L’OMT demande des contrôles harmonisés entre pays face au Covid-19

L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a demandé ce lundi une harmonisation des contrôles sanitaires entre pays et l’instauration de couloirs aériens face à la pandémie de Covid-19, à l’issue d’une conférence internationale sur le secteur dans l’archipel espagnol des Canaries.

« Nous demandons l’adoption de protocoles internationaux pour les tests de Covid-19 avant la sortie (d’un pays) et leur acceptation à l’arrivée », soulignent l’OMT, le Conseil mondial des Voyages et du Tourisme (WTTC) et le ministère espagnol du Tourisme dans une déclaration commune. Ce texte a été adopté au terme d’une conférence organisée par le gouvernement espagnol à Las Palmas, la principale ville des Canaries, sur les moyens de relancer le tourisme, l’un des secteurs les plus durement frappés par la pandémie. Selon le gouvernement espagnol, cette conférence a réuni les responsables en matière de tourisme de plus de 95 pays, ainsi qu’une centaine d’entreprises.

Perte de «dizaines de millions de postes de travail».

Dans leur déclaration finale, ils appellent aussi à mettre en place « des couloirs (…) afin de faciliter les voyages de tourisme ou d’affaires entre pays et villes ayant des situations épidémiologiques similaires ». Les auteurs du texte jugent « probable » la perte de « dizaines de millions de postes de travail » dans ce secteur dans le monde d’ici à l’arrivée de vaccins et de traitements contre le virus. Ils préconisent en outre l’établissement d’une « norme internationale de traçage des contacts qui comprenne les données du voyageur » tout en respectant le caractère confidentiel de celles-ci. Le Covid-19 a fait chuter les arrivées de touristes internationaux de 70% dans le monde sur les huit premiers mois de 2020 par rapport à la même période de 2019, selon l’OMT, dont le siège est à Madrid.

https://www.lefigaro.fr 01/12/2020.

 

Tourisme : les Antilles redoutent une « saison blanche » suite au Covid-19

Depuis huit mois, les départements d’outre-mer sont privés de leur moteur économique, le tourisme. Malgré des vacances de Noël potentiellement déconfinées, le secteur reste lucide et n’attend pas une reprise avant février 2021. Une échéance trop lointaine pour les petits indépendants.

Ce qu’on aurait dû danser, au Club Med La Caravelle. Lieu emblématique du tourisme guadeloupéen, bordé par des eaux que l’on ne pourrait rêver plus claires, le village vacances venait de monter en gamme. Les locaux rénovés, inaugurés en novembre 2019 après des travaux à 47 millions d’euros, ont dû fermer quatre mois plus tard à peine, à cause du confinement.

Un frémissement côté réservations

« Nous aurions dû rouvrir en octobre, mais la situation épidémique de l’île ne nous l’a pas permis », regrette Boris Jimbert, le directeur du club. Il compte désormais sur la date du 19 décembre pour accueillir les prochains vacanciers. De fait, le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe a noté un « frémissement » du côté des réservations, qui ont légèrement augmenté après l’annonce d’un potentiel déconfinement à la mi-décembre. Le Club Med, qui peut compter sur de fidèles habitués, atteste d’ailleurs d’un bon taux de remplissage pour Noël et Nouvel an.

« Le comportement de la clientèle est toutefois devenu imprévisible, nous ne sommes sûrs de rien », nuance Boris Jimbert. Les mesures commerciales relatives à la crise sanitaire permettent en effet les annulations et modifications de dernier moment. Quoiqu’il advienne, le village vacances sera préparé dès le lundi 30 novembre. Pour provoquer la chance peut-être, pour signifier que la Guadeloupe est prête, surtout. « L’île n’est pas confinée et on y applique des règles de sécurité sanitaire. Ce qui jouera, dans la reprise de l’activité, sera la situation épidémique des territoires pourvoyeurs de touristes », analyse Agathe Vincenot, directrice tourisme à la Région.

Un secteur décimé

En Guadeloupe, Martinique et Guyane, près de 70 % du flux touristique provient de l’Hexagone. Une fréquentation en hausse constante depuis 2014, grâce à d’importantes campagnes de communication, en France et en Europe. L’année touristique 2019 a d’ailleurs été la meilleure jamais enregistrée par les Antilles. Sans surprise, le secteur achève 2020 décimé, avec un chiffre d’affaires réduit de 80 %, à peine sauvé par le tourisme local et une brève reprise en juillet.

Covid-19 : au centre hospitalier de Guadeloupe, enfin l’accalmie

« Nous allons pouvoir commencer à évaluer la casse », commente Agathe Vincenot. « Les gros acteurs, qui travaillent avec des ’’tour operators’’ devraient s’en remettre, mais nombre d’auto-entrepreneurs et de très petites entreprises ne se relèveront pas d’une saison blanche », prédit quant à lui Thierry Gargar, du Comité du tourisme.

Sur la plage de La Caravelle, devenue « la plage du Club Med » dans le langage commun, les vendeurs itinérants désespèrent. « Il faut que le Club rouvre », scande Alain, qui expose ses paréos colorés à même le sable. « On ne vient désormais que le week-end, la semaine ce n’est même pas la peine. La plage, d’habitude l’une des plus fréquentées de l’île, est déserte », ajoute Julie, les bras chargés de maillots de bain qui ne trouvent pas preneurs.

Les petits commerces restent sur le carreau

Si les quelques 250 salariés du Club Med La Caravelle ont pu être placés en chômage partiel – la centaine de saisonniers n’ayant tout simplement pas été reconduite – les petits commerces alentour, qui dépendent tout autant de l’activité du village vacances, restent sur le carreau. Et survivent des aides compensatoires accordées par l’État.

Dans les DOM, la difficile maîtrise des frontières pour éviter de réimporter le Covid-19

« C’est ce qui me permet de payer mon loyer depuis mars », témoigne Chantal, gérante d’un petit camion-restaurant réputé pour ses « bokits », des sandwichs au pain frits, spécialités guadeloupéennes. Lasse, elle reste coite devant sa terrasse vite. Et hausse les épaules : « Si ça continue, je demanderais le RSA. » Chaque mois depuis le second semestre 2020, le département de Guadeloupe enregistre plus d’un millier de nouveaux bénéficiaires du Revenu de solidarité active.

https://www.la-croix.com 02/11/2020.

 

L’Espagne a perdu 75% de ses touristes

Le secrétaire d’Etat espagnol au Tourisme, Fernando Valdés, a annoncé ce vendredi que le secteur clôturera l’année 2020 avec 75% de perte sur la masse de visiteurs internationaux et un pourcentage similaire en dépenses.

En déplacement à Barcelone, Fernando Valdés a commenté les mauvais chiffres en rappelant que le tourisme a été le secteur le plus touché par la pandémie. Malgré cela, le responsable gouvernemental se veut optimiste en s’appuyant sur les calendriers de vaccination. Valdés entrevoit une « certaine reprise » au printemps de l’année prochaine, bien qu’il ait prévenu que des semaines compliquées se profilaient. L’Espagne a décidé de bloquer le tourisme pendant les vacances d’hiver.

Tourisme Espagne : le moteur barcelonais

Le secrétaire d’Etat a assuré que Barcelone est depuis de « nombreuses années le pilier du tourisme en Espagne et qu’elle le sera sans aucun doute dans le futur ».  Il a reconnu que « la situation est encore très difficile pour les entreprises catalanes ». Une occasion pour repenser le modèle touristique de Barcelone. Les nouvelles technologies, la revalorisation de la destination et une plus grande structuration du territoire sont des pistes à explorer. Un plan qui sera financé par 3,4 milliards d’euros du fonds de relance européen.

Valdés a expliqué que le gouvernement central a clôturé deux projets touristiques avec la Generalitat pour les communes de L’Estartit (Gérone), Vall d’Aran (Lleida) et Torroella de Montgrí (Gérone). Le tourisme pour Barcelone et les 311 communes de son département représentent 12% du PIB et 150.000 emplois.

https://www.equinoxmagazine.fr/ 05/12/2020.

 

L’aide accordée au géant du tourisme TUI fait débat

Berlin va-t-il trop loin dans son aide aux entreprises en difficulté ? L’approbation la semaine dernière d’un troisième paquet d’aide pour le géant allemand des voyages TUI a une nouvelle fois soulevé la question. Après deux enveloppes de 3 milliards d’euros au total, en avril et en août, le numéro 1 mondial du tourisme a obtenu un nouveau soutien de 1,8 milliard d’euros de la part de l’Etat fédéral, de banques et de ses actionnaires.

Le paquet prévoit une hausse de capital de 500 millions d’euros, une nouvelle ligne de crédit de 200 millions de la part de la banque publique d’investissement KfW, 400 millions de garanties d’Etat et 700 millions d’euros via le fonds de stabilisation économique, dont 420 millions de participations convertibles. L’Etat pourrait devenir actionnaire du groupe à hauteur de 25% du capital. Ces mesures doivent encore être approuvées par la Commission européenne et par les actionnaires en janvier.

Fritz Joussen, patron de ce groupe basé à Hanovre mais coté à la bourse de Londres, s’est réjoui de ce paquet financier. Il permet selon lui «de regarder vers l’avenir et de préparer stratégiquement le groupe à l’après-pandémie ». Le Ministère allemand de l’économie, de son côté, motive ces nouvelles mesures « par la rentabilité de l’entreprise » avant la pandémie de coronavirus. Fort de 70 000 salariés à travers le monde, TUI affichait en 2019 un chiffre d’affaires de 19 milliards d’euros pour un résultat opérationnel de 893 millions.

Politique de « nationalisation à tout va » critiquée

Malgré cela, ce nouveau soutien soulève des critiques, notamment de la part de l’opposition. Les libéraux du FDP reprochent au gouvernement une politique de « nationalisation à tout va ». Depuis la crise du coronavirus, l’Etat fédéral est en effet aussi entré au capital de la compagnie aérienne Lufthansa, qui a annoncé ce week-end le licenciement de 29 000 salariés d’ici à la fin de l’année.

Chez les chrétiens-démocrates d’Angela Merkel aussi, les critiques se font entendre. C’est le cas de Friedrich Merz, candidat au poste de président de la CDU. « Ma ligne directrice n’est pas que l’Etat entre au capital du plus grand nombre d’entreprises possible, commente-t-il mardi au Temps. Ma vision est de laisser le plus de distance entre l’Etat et les entreprises. Quand l’Etat entre dans un capital, on ne sait pas quand il en ressort. Nous le voyons avec la Commerzbank. Je considère donc que cette solution est mauvaise. »

La concurrence tique

Au niveau du secteur touristique aussi, cette aide au géant TUI suscite une certaine incompréhension, que seuls certains osent exprimer. « Nous voyons ce troisième prêt d’Etat pour TUI de manière critique », résumait la semaine dernière Sören Hartmann, patron de DER Touristik Group, concurrent direct de TUI. « A chaque nouveau crédit, nous voyons augmenter les déséquilibres dans l’industrie du voyage », poursuivait celui dont l’entreprise est liée au groupe alimentaire REWE.

De fait, les professionnels du secteur regrettent les disparités entre les aides. C’est le cas de l’initiative Ü50, qui estime que les grandes entreprises possédant des filiales sont lésées par le système d’aide actuel. La Fédération du voyage en Allemagne (DRV) appelle également les autorités à ajuster les soutiens financiers.

« Pas des cadeaux »

« L’Etat a aidé et continue à aider ce secteur marqué par un nombre élevé de petites et moyennes entreprises mais certaines erreurs politiques sont commises », constate son président, Norbert Fiebig, en listant des disparités en fonction de la taille des entreprises. Le cas TUI, en revanche, soulève peu de critiques de sa part. « Les crédits accordés à cette entreprise par la banque publique d’investissement ne sont pas des cadeaux. Ils devront être remboursés », rappelle le président de la DRV.

Désormais, les professionnels du secteur appellent l’Etat allemand à favoriser le plus vite possible la reprise du tourisme par une « stratégie intelligente de tests massifs » et par la fin des quarantaines obligatoires au retour de l’étranger. « Nous en sommes encore loin », reconnaît toutefois Norbert Fiebig.

Selon une enquête de la DRV, l’industrie du voyage en Allemagne s’attend à une baisse de 80% de son chiffre d’affaires pour 2020 et seule la moitié des acteurs tablent sur un rebond à l’été 2021. En attendant, 80% d’entre eux jugent les aides de l’Etat « primordiales » pour passer l’hiver.

https://www.letemps.ch 09/12/2020.

 

 

 

 

 

 

 

 

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