Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme

Actualités

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  • 21 août 2018
  • Par APST

La revue de presse économique du 10 au 20 août 2018

Lettre économique partenaires APST

Impôts.

Prélèvement à la source : une aide pour les petits patrons.

Les entreprises de moins de 20 salariés pourront déléguer à l’Urssaf la collecte et le reversement à l’État de l’impôt sur le revenu retenu à la source, affirme Gérald Darmanin.
À cinq mois de l’entrée en vigueur du prélèvement à la source, Bercy poursuit son opération déminage auprès des employeurs. Dans une interview au Courrier picard , le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé mardi que les entreprises de moins de 20 salariés pourraient déléguer à l’Urssaf (organisme percevant les cotisations sociales) la collecte et le reversement à l’État de l’impôt sur le revenu retenu à la source. De quoi rassurer les petits patrons, qui redoutent une surcharge administrative liée à ces nouvelles missions induites par la réforme. En septembre dernier, un audit de l’Inspection générale des finances (IGF) de Bercy, largement repris par les organisations patronales, estimait que la mise en œuvre du prélèvement à la source pourrait coûter entre 26 et 50 euros par salarié aux TPE et PME.

Le dispositif évoqué par Gérald Darmanin revient à dispenser complètement les TPE de ces démarches. À condition toutefois qu’elles aient adhéré au «titre emploi service entreprise» (Tese), un outil de l’Urssaf destiné à décharger les entreprises de moins de 20 salariés d’un certain nombre de formalités administratives, comme le calcul des cotisations sociales ou l’établissement de fiches de paie. Dans le détail, le Tese indiquera à l’employeur le salaire net d’impôt qu’il doit verser à chacun de ses salariés, compte tenu de leur taux d’imposition personnalisé. L’Urssaf se chargera ensuite de prélever à l’employeur le montant de l’impôt retenu à la source – en même temps que les cotisations salariales et patronales – puis le reversera à l’administration fiscale.

Un million d’entreprises seraient éligibles à cette dérogation. «Ce sera surtout utile pour les TPE de moins de cinq salariés, car, au-delà, les entreprises ont souvent un comptable qui peut effectuer lui-même ces démarches», estime toutefois François Asselin, président de la CPME (organisation dédiée aux PME). Après le report d’un an de la réforme pour les particuliers employeurs, l’exécutif entend, avec cette nouvelle concession, s’épargner un feu de critiques.
http://premium.lefigaro.fr 17/08/18.

Nouvelles Technologies.

Les réseaux sociaux affrontent une panne de croissance des utilisateurs.

Gagner plus, mais avec une audience moindre. C’est en creux le bilan délivré par Facebook, Twitter et Snapchat ces dernières semaines à l’occasion de la publication de leurs résultats trimestriels, marqués par les spectaculaires chutes en Bourse des entreprises de Mark Zuckerberg (-19 %) et de Jack Dorsey (-20 %).

Les réseaux sociaux affrontent une panne de croissance des utilisateurs

Dernier épisode en date : Snap, la maison mère de la messagerie instantanée au petit fantôme, a annoncé ce mercredi qu’elle repassait sous la barre des 190 millions d’utilisateurs après avoir perdu 3 millions d’usagers quotidiens entre le premier et le deuxième trimestre de son exercice fiscal – la première fois que l’entreprise perd de l’audience depuis son introduction en Bourse en mars 2017 .

C’est plus que Twitter, qui a fait savoir mi-juillet qu’il ne comptait plus que 335 millions de micro-blogueurs actifs sur sa plate-forme (-1 million sur le trimestre). Si le parc d’utilisateurs de Facebook est en progression de 1,3 % à 2,23 milliards d’inscrits, la firme stagne aux Etats-Unis et recule en Europe (-1 million).
Elle fait surtout face à un progressif désintérêt des jeunes internautes sur ses marchés les plus matures : seuls 51 % des 13-17 ans affirment utiliser la plate-forme aux Etats-Unis, selon la dernière étude du Pew Research Center.

Seul Instagram (propriété de Facebook) sort du lot, en passant la barre du milliard d’utilisateurs en juin dernier. Mais selon Pivotal, le temps passé sur la plateforme par ses membres ne pèse que 13 % du temps passé par les membres de Facebook sur ce dernier.

*Nouvelles réglementations relatives à la protection de la vie privée en Europe et en Californie (Facebook), « disruption causée par le nouveau design » (Evan Spiegel, le PDG de Snap), suppression de 70 millions de comptes après une grande opération de nettoyage (Twitter) : chacun brandit la conjoncture pour expliquer la baisse générale de l’audience. Mais le malaise est peut-être plus profond. Et les managements mettent en garde contre de possibles nouveaux reculs de leur audience.

« Il y a des limites à la croissance, le marché ne peut croître éternellement, » estime Brian Wieser, analyste de Pivotal Research cité par le « New York Times » .
www.lesechos.fr 11/08/18.

Ressources Humaines.

Les créations d’emplois dans le privé s’essoufflent en France.

Le nombre de créations d’emploi dans le secteur privé en France, bien que toujours positif, est au plus bas depuis trois ans, dans le sillage d’une croissance qui s’essouffle, selon une estimation de l’Insee publiée vendredi 10 août.

D’avril à juin, le secteur privé a enregistré 31.000 créations nettes de postes salariés (+0,2%). Pour retrouver une hausse plus faible de l’indicateur, il faut remonter au 3e trimestre 2015. En 2017, en moyenne, les effectifs des entreprises augmentaient de près de 90.000 salariés chaque trimestre. Le ralentissement s’était déjà ressenti au premier trimestre, avec seulement 46.000 créations (+0,2%). L’indicateur atteint tout de même au printemps un nouveau record, avec un total de 19,41 millions de postes, grâce à ce 13e trimestre consécutif dans le vert. Sur un an, 241.100 emplois salariés (+1,3%) ont été créés.

L’Institut national de la statistique et des études économiques s’attendait à un ralentissement mais pas aussi fort. En juin, il prévoyait une hausse de 41.000 postes dans le secteur marchand non agricole (services marchands, intérim, industrie et construction). L’emploi n’a finalement augmenté que de 29.900 postes dans ce secteur.

Dans le détail, au 2e trimestre, les services marchands (+28.500, +0,2%) concentrent la quasi-totalité des créations d’emplois et restent la principale locomotive du secteur privé. Si la construction reste, elle aussi, dynamique (+4.100, +0,3%), l’intérim enregistre de son côté sa plus faible hausse (+1.100, +0,1%) depuis 2014. L’intérim atteint malgré tout un nouveau record d’effectifs, avec 816.900 postes.

Seule l’industrie (-3.800, -0,1%) détruit des emplois. Les usines, qui ont perdu près d’un million d’emplois depuis début 2001, connaissent un début de reprise depuis un an, mais elles restent fragiles. L’agriculture (+200, +0,1%) et les services non marchands (+1.000, +0,0%) voient leurs effectifs croître très légèrement au 2e trimestre.

Le ralentissement de l’emploi devrait se poursuivre, en raison d’une croissance qui ramollit, selon les prévisions de l’Insee publiées en juin. L’activité économique n’a crû que de 0,2% aux 1er et 2e trimestres, après cinq trimestres autour de +0,7%. Et le secteur public ne devrait plus apporter son écot autant qu’avant, le gouvernement ayant drastiquement réduit la voilure en matière de contrats aidés. S’il a budgété 200.000 nouveaux contrats pour 2018, un chiffre déjà en nette baisse par rapport à 2017, leur consommation est, en plus, plus faible que prévu sur le premier semestre.

Quand l’emploi toussote, c’est la baisse du chômage qui risque de marquer le pas. Pour l’heure, les organismes de prévision restent relativement optimistes. Après être passé de 10,5% à 9,2% de la population active entre mi-2015 et début 2018, le taux de chômage devrait continuer de baisser jusqu’à 8,8% en fin d’année. Mais qu’adviendra-t-il de cette projection qui se basait sur une prévision de croissance légèrement plus forte au 2e trimestre
www.boursorama.com 10/08/18.

Tourisme.

Yoga à l’aéroport, « bain de forêt » à l’hôtel, retraite spirituelle, l’heure est aux formules apaisantes durant les voyages.

Cet été, pour les week-ends de grands départs, les aéroports parisiens se mettent au yoga. Pour se détendre avant de monter en avion, les passagers peuvent suivre une séance courte réalisée par des professeurs bilingues du Tigre Yoga Club. Ce moment propre à calmer les angoisses se termine au son de bols tibétains.

Aéroports et compagnies aériennes se mettent plus que jamais en mode détente . A Perth, en Australie, le nouveau « transit lounge » de la compagnie Qantas comprend notamment un studio de bien-être, où les gens peuvent méditer, pratiquer le stretching ou faire des exercices respiratoires avec un coach dans une ambiance on ne peut plus zen.

Se recentrer sur le présent

Une fois arrivé à destination, quel que soit le pays, l’heure est toujours à la détente. Les hôtels font assaut d’initiatives autour d’activités aidant à se ressourcer. Le yoga se montre, là aussi, en tête des propositions. Comme à l’hôtel Les Bulles de Mer à Saint-Cyprien dans les Pyrénées-Orientales qui a lancé des séances de hatha yoga réalisées dès que possible sur la plage et suivies d’un petit déjeuner « yogi ». Tandis que l’Hôtel Royal à Evian, en Haute-Savoie, a mis en place une formule Yoga Season Experience, comprenant aussi méditation et repas végétariens.

« Le rythme de nos vies s’accélère, le flot des activités ne s’interrompt jamais, même le dimanche, où certains magasins sont désormais ouverts. Nous avons d’autant plus besoin de trouver des occasions de pause et de nous recentrer sur le moment présent. Se voir proposer des cours à l’hôtel permet de découvrir le yoga ou de le pratiquer de manière facile », analyse Camille Besle, fondatrice de Yogi or not yogi ? (yogiornot.com), des cours de yoga sur mesure pour les particuliers et les entreprises.

De nouvelles activités émergent. L’hôtel Les Sources de Caudalie, au milieu des vignes du Château Smith Haut Lafitte dans le Bordelais, lance cette année les « bains de forêt » un samedi par mois. Un arboriste et une plasticienne-musicienne emmènent les participants dans les bois autour de l’éveil des sens. Au menu, de la sylvothérapie, invitant à puiser de l’énergie en touchant et enlaçant les arbres, des phases d’écoute des sons environnants, de la méditation et un repas végétal.

La détox à tous les étages

La détente devient le leitmotiv d’établissements toujours plus nombreux. Le Nolinski, près de l’Opéra à Paris, avait lancé jusqu’à fin juillet des programmes détox, associant des soins dans son spa Nolinski by La Colline à une cure à base de boissons issues de recettes d’antan. Après des week-ends détox, la Ferme Saint-Siméon à Honfleur a lancé des séjours Peintre d’un jour pour associer repos et cours de peinture. L’objectif est d’inciter tout le monde à décoller les yeux de ses écrans. La Mamounia à Marrakech a mis au menu des cours de cuisine après cueillette des fruits et légumes dans le vaste potager.

Les séjours ayant pour objectif premier de se ressourcer se développent. Tapovan Normandie propose ainsi des cures ayurvédiques. Les sessions de jeûne jouent, quant à elles, les versions longues de la détox alors que les retraites prennent des voies multiples. Du plus léger au plus impliquant, les vacances en mode zen se déclinent bien sur tous les tons
www.lesechos.fr 1/08/18.

Airbnb tend à devenir une marque de voyage globale.

Dix ans après sa création, le champ d’action de la plate-forme de réservation a largement débordé son cadre d’origine. Hôtellerie, restauration, voyage d’affaires… désormais Airbnb brasse large.
Dix ans après son lancement, l’expansion spectaculaire d’Airbnb se double d’une non moins profonde transformation de son activité. Le champ d’action de la plate-forme de réservation a en effet largement débordé la location d’une chambre ou d’un appartement à un ou des visiteurs de passage en ville. L’ex Airbedandbreakfast.com (son nom d’origine) veut devenir un acteur global du voyage. Pour preuve, ses dirigeants réfléchissent à un nouveau mouvement stratégique : l’intégration du transport dans son offre. En attendant, sa mutation express peut se résumer en trois grands thèmes.

Airbnb des villes, Airbnb des champs

La France, seconde destination après les Etats-Unis avec plus de 40 % de voyageurs étrangers, illustre l’élargissement du « réseau » Airbnb, et le passage d’un tourisme urbain à un maillage national. Comme l’indiquait récemment son responsable France et Belgique, Emmanuel Marill , la plate-forme recense plus de 22.000 communes dans lesquelles se trouve au moins un « point de chute ». Le géant américain, qui a démarré sur le marché français en 2012, s’appuie au total sur 400.000 hébergeurs, soit plus de 500.000 annonces.

Airbnb, qui avait au départ suscité la levée de boucliers des hôteliers parisiens, a également mis sous pression les réseaux traditionnels de location de vacances. En témoigne l’annonce, courant juillet, d’un projet de rapprochement entre Gîtes de France et Clévacances.

De l’appartement à l’expérience voyage

Voulant couvrir toujours plus largement les besoins et attentes des voyageurs, le groupe enrichit aussi son offre d’hébergements en misant sur… l’hôtellerie. D’où avec le groupement d’hôtellerie de charme et de restauration gourmande les Collectionneurs, dont Alain Ducasse – actionnaire minoritaire – est la très médiatique tête d’affiche.

Airbnb, qui s’intéresse aux « boutique-hôtels », a fait une nouvelle avancée au premier semestre 2018 en concluant deux partenariats technologiques, l’un avec la plate-forme cloud SiteMinder, l’autre avec Availpro, une filiale d’AccorHotels spécialisée dans les solutions aux hôteliers. A ce stade, Airbnb propose quelques milliers d’hôtels dans le monde, pour l’essentiel aux Etats-Unis, en Australie, à Londres et Paris, où ils sont au nombre de 150.

Le géant américain perce aussi dans la restauration à la faveur d’un accord, en septembre 2017, avec une jeune pousse new-yorkaise, Resy. Ce rapprochement, qui concerne près de 650 établissements aux Etats-Unis, s’étend désormais à Londres et à Paris, où une quarantaine de restaurants sont référencés. La démarche vise à « nourrir » l’expérience d’une destination, l’élément clef de la stratégie d’Airbnb depuis quelques années.

A ce titre, la société a lancé en novembre 2016, un nouveau programme sous l’appellation « expériences », visant à faire émerger des excursions ou activités créées et animées par des experts locaux, afin que la clientèle découvre mieux encore son environnement. Et pour ce faire, Airbnb compte sur ses hôtes hébergeurs. Le nombre de ces « expériences » approche les 15.000 aujourd’hui dans le monde, dont 1.500 en France.

Percée aussi dans le voyage d’affaires

Dès son origine, Airbnb s’est adressé à la clientèle de voyageurs d’affaires. Pour autant, son succès foudroyant auprès des touristes a un temps masqué cette activité « Business ». En 2014, prenant acte que 10 % de ses clients voyagent pour des déplacements professionnels, le site déploie une offre Airbnb for Business, rebaptisée « Airbnb for Work ».

Celle-ci compte désormais près de 700.000 entreprises utilisatrices, dont plus de 35.000 en France. Cette offensive dans le voyage d’affaires s’accompagne, elle aussi, de partenariats technologiques. Airbnb coopère ainsi avec SAP Concur, un spécialiste des solutions pour le secteur. Et des accords commerciaux ont été conclus avec les deux grands acteurs mondiaux du voyage d’affaires, Carlson Wagonlit Travel et American Express Global Business Travel
www.lesechos.fr 14/08/18.

Pourquoi le tourisme résiste aux attentats et aux catastrophes naturelles.

«La France a vécu une année record en 2017 et je pense que nous sommes en bonne voie pour rester champions du monde du tourisme cette année», déclarait fin juillet à l’AFP Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État aux Affaires étrangères. Trois ans à peine après l’attentat du Bataclan, certains lieux touristiques français sont saturés, preuve que les attaques terroristes n’ont eu qu’un effet limité sur l’attractivité de la France à l’international.

En 2004 la Thaïlande accueillait 11,5 millions de visiteurs. Malgré le Tsunami dévastateur cette même année, la fréquentation du pays s’est rétablie. Elle a même augmenté au point qu’en 2016 on comptait 32,6 millions de touristes dans le pays. Sur l’île indonésienne de Gili Meno, le 6 août dernier, un puissant séisme a fait une centaine de morts et a semé la panique chez des milliers de touristes qui se sont empressés de quitter les lieux. Autant de consommateurs perdus pour l’économie locale, très axée sur le tourisme.

Mais si la Thaïlande a su rebondir après 2004, il paraît vraisemblable que l’Indonésie réussisse à son tour à faire revenir les touristes apeurés par le phénomène sismique. Les faits semblent contredire le pessimisme économique qui prévaut à chaque fois qu’une catastrophe naturelle survient ou qu’un attentat est perpétré dans un lieu hautement touristique. Le Figaro a voulu comprendre ce phénomène de résilience propre à la fréquentation touristique.

Une baisse brutale du tourisme après la catastrophe

Dans une étude réalisée par l’office du tourisme et des congrès de Paris sur la fréquentation de la capitale française après les attentats de janvier et de novembre 2015, on remarque une baisse brutale du tourisme dans les mois qui suivent ces évènements. La fréquentation de la capitale diminue de 15 points après le 13 janvier. La chute est deux fois plus importante que dans les semaines qui ont suivi les attaques du 13 novembre. Mais, chose étonnante, selon cette même enquête, 15 jours après le taux d’occupation hôtelier à Paris retrouve son niveau d’avant les attaques. Dans un sondage réalisé en 2011 pour le comparateur de vols et d’hôtels Skyscanner, 16% des 2600 personnes interrogées ont indiqué qu’un attentat terroriste pourrait les faire renoncer à une destination. Mais les trois quarts de ces personnes ont aussi précisé que ce renoncement ne durerait pas plus de 3 mois.

Pour Joël Raboteur, maître de conférences en économie et gestion à l’Université des Antilles et chercheur au Centre de Recherche en Économie et en Droit du Développement Insulaire (CREDDI), «la raison tient à la capacité d’oubli du consommateur». Il précise aussi que «dans le cadre d’attentats terroristes comme ceux que Paris a connus, les infrastructures supports de l’économie touristique sont peu touchées. Or même si l’instabilité ou l’insécurité sont des contraintes au développement des flux touristiques, la France n’est pas dans cette situation». Si bien que les flux touristiques reprennent, à condition néanmoins que des mesures sécuritaires soient prises. C’est la situation qu’a connue la Tunisie. Au lendemain de la révolution, l’instabilité politique et les attentats du musée du Bardot et de la plage de Sousse ont fait beaucoup de mal au secteur touristique. Si 7 millions de touristes étrangers visitaient le pays en 2010, ils n’étaient plus que 5 millions en 2015. Et pourtant. Interrogée par l’AFP, la ministre du tourisme Selma Elloumi Rekik a annoncé: «en 2018, nous allons dépasser les 8 millions d’arrivées avec une croissance du marché russe et chinois ainsi que du marché traditionnel».

La reconstruction comme phénomène de démultiplication des flux anciens

Dans le cas d’une catastrophe naturelle telle que le tsunami de 2004 en Asie du Sud-Est, le phénomène présente certaines différences. On observe d’abord une baisse plus importante et plus longue de la fréquentation touristique. Cela s’explique par la destruction des infrastructures telles que les hôtels, les routes ou les aéroports. Joël Raboteur précise ainsi que «les espaces naturels mettent peu de temps à se remettre des catastrophes climatiques et très vite on retrouve des paysages de carte postale. Pour les bâtiments, c’est plus long. Or le confort et la salubrité sont des facteurs primordiaux pour les touristes dans le choix de leurs destinations». C’est pourquoi passé la phase de reconstruction, les flux de visiteurs sont rapidement de retour.

La visibilité de la destination accroît le flux de touristes

Les catastrophes naturelles – et les attentats dans certains cas – peuvent même avoir des conséquences totalement contre-intuitives, explique Joël Raboteur: «la médiatisation mondiale des catastrophes suscite de l’intérêt auprès des consommateurs. Ils entendent parler d’une destination à laquelle ils n’avaient pas pensé, ou alors ils sont tentés d’aller constater par eux-mêmes les dégâts. Combien de touristes se sont ainsi rendus à New York pour voir par eux-mêmes l’absence des tours jumelles? Il faut aussi prendre en compte le fait que plus la catastrophe a été violente, plus la communication autour de la relance de l’économie est importante». Ainsi, après le tsunami de 2004, la Thaïlande a profité de la période de reconstruction pour repenser son industrie touristique. À force de rééquilibrage géographique et de montée en gamme, le pays a triplé le nombre de visiteurs étrangers avec 33,5 millions de touristes en 2O16.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le tourisme s’est développé de façon exponentielle dans le monde. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (l’OMT), 1,3 milliard de personnes ont visité un pays étranger en 2017. Les catastrophes climatiques et les attentats touchant des touristes se sont eux aussi multipliés. Mais la mondialisation des transports, la progression de la croissance mondiale ainsi qu’une certaine capacité d’insouciance semblent montrer qu’aucune catastrophe ne peut durablement inverser la tendance des flux touristiques.
http://premium.lefigaro.fr 15/08/18/

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