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  • 9 juillet 2018
  • Par APST

La revue de presse économique du 1er au 10 juillet 2018

Lettre économique partenaires APST

Aérien.

Paris-New York en seulement 2h : Boeing souhaite en faire une réalité avec son nouveau projet d’avion hypersonique.

5 heures et 13 minutes : c’est le temps impliqué par un vol de Norwegian Air, lors du record du monde du vol transatlantique New York—Londres le plus rapide effectué par un avion subsonique. Le record a été établi en début d’année.

Voyager aussi vite d’un point A à un point B aussi distants, c’est déjà pas mal. Mais maintenant, imaginez-vous embarquer sur un vol pour New York depuis Paris, puis seulement deux heures plus tard, apercevoir la silhouette urbaine de la ville de New York et vous rendre compte que vous êtes déjà sur le point d’atterrir. Cela représente un temps de trajet 1.5 fois plus rapide qu’un vol similaire à bord du légendaire Concorde.

La semaine dernière, Boeing a annoncé qu’elle espère développer un avion hypersonique pour le transport de passagers qui serait capable d’un tel exploit. Celui-ci pourrait atteindre une vitesse de Mach 5 (environ cinq fois la vitesse du son), soit 6174 km/h.

Bien qu’il ne s’agisse encore que d’un avant-projet dépourvu de nom, Boeing a déclaré que l’avion pourrait avoir des applications militaires ou civiles, mais qu’il ne sera pas fonctionnel avant 2040 ou 2050. La société a dévoilé mardi passé les premiers rendus 3D de l’avion, lors de la conférence annuelle de l’American Institute of Aeronautics and Astronautics qui a eu lieu à Atlanta (États-Unis).

« Nous sommes enthousiasmés par le potentiel de connexion entre les différents pays du monde, qui sera alors plus rapide que jamais », a déclaré Naveed Hussain, vice-président de l’aéromécanique chez Boeing.

« Bien que les défis technologiques et réglementaires soient en première ligne, Boeing étudie l’hypersonique depuis plus de six décennies, ce qui fait de nous la bonne entreprise pour commercialiser cette technologie lorsque le monde sera prêt » ajoute-t-il.

En dehors du Concorde mis en service en 1976 puis retiré en 2003, le voyage supersonique est resté un rêve largement inaccessible pour l’aviation commerciale, et ce pour diverses raisons de sécurité, sans oublier le coût bien plus élevé pour ce type de vol.
https://trustmyscience.com 03/07/18.

Consommation.

Le paiement instantané débarque en France

Choisir un bénéficiaire, définir un montant, envoyer… et c’est tout. Quelques secondes plus tard, l’argent est arrivé à destination grâce au « paiement instantané », dernier-né de l’innovation bancaire sur le point de faire ses débuts en France.

Le bancassureur mutualiste BPCE lancera mardi la toute première offre d’indemnisation instantanée des sinistres de ses assurés. Une fois la déclaration d’un dégât envoyée, le compte de l’assuré sera immédiatement crédité de l’indemnisation octroyée, promet la banque, là où cette opération durait jusqu’à présent trois jours, avec une journée pour valider le dossier et deux pour acheminer électroniquement les fonds à bon port.

Un service en ligne via smartphone ou ordinateur

En outre, les Caisses d’épargne et les Banques populaires, les deux réseaux bancaires du groupe, proposeront dès l’automne à leurs clients un service en ligne, via smartphone ou ordinateur, d’émission et de réception de paiements instantanés disponible à tout moment.

Dans un premier temps, chaque virement instantané sera plafonné à 15 000 euros et effectif dans un délai maximum de 10 secondes. Parmi les autres établissements, Crédit Agricole proposera les paiements instantanés en novembre 2018 en réception et début d’année 2019 en émission, BNP Paribas promet sa technologie « maison » pour la fin de l’année tandis que Société Générale assure que « le projet avance bien » sans donner de calendrier.

A la clé, de multiples usages possibles comme rembourser ses proches, transférer rapidement de l’argent à l’étranger, obtenir immédiatement un crédit à la consommation, régler l’achat d’un bien d’occasion à un autre particulier, payer l’intervention d’un artisan à domicile ou encore recevoir plus rapidement son salaire mensuel. Pour les entreprises, cette technologie porte aussi la promesse de limiter les retards de paiements.

La France en retard sur le paiement instantané

En Europe, le paiement instantané est déjà une réalité dans plusieurs pays, comme en Espagne, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Suède.

« La France était en retard sur ce sujet, avec une pression concurrentielle moindre qu’ailleurs. Ce qui fait bouger les banques, c’est le sentiment d’être un peu plus vulnérables à l’arrivée de nouveaux acteurs » souvent venus du numérique, explique à l’AFP Julien Maldonato, expert du secteur financier chez Deloitte.

Au-delà même de vouloir barrer la route à la concurrence, « le paiement instantané présente un potentiel important, qu’il s’agisse de remplacer à terme le chèque, réduire les coûts liés à la fraude, diminuer le cash et les frais de gestion qui y sont associés, tout en complétant une gamme de moyens de paiement qui doit encore s’enrichir », ajoute M. Maldonato.

Sans compter que cette technologie permet aussi de réduire l’emprise de mastodontes tels que Visa ou Mastercard sur le paiement, un secteur crucial à l’heure où les données des clients font office de nouvel or noir, confie à l’AFP un fin connaisseur de la finance.

L’enjeu est de taille pour les banques dont les activités de détail sont mises à mal par les taux d’intérêts très bas qui compliquent la tâche de faire fructifier l’argent, ce qui les pousse à chercher de nouvelles sources de revenu tout en serrant la vis du côté des dépenses.

Des défis à surmonter

Dans un livre blanc récent, BPCE estime qu’entre 6 et 13% des transactions scripturales (chèques, cartes, virements) en France pourraient être réalisées par paiement instantané d’ici à 2022.
« Le paiement instantané apporte un potentiel de simplicité accrue par rapport aux autres moyens de paiement », explique BPCE, mais il aura besoin pour se développer auprès du grand public et du commerce « de règles d’acceptation communes en Europe, de parcours clients fluides et unifiés sans différence selon la banque ».

« On estime que 80% des banques doivent être atteignables pour que les clients considèrent le service comme correct », explique à l’AFP Marc Espagnon, responsable paiement chez BNP Paribas.
Pour atteindre ce résultat, « il va falloir être capable d’exécuter ces opérations très rapidement, mais également de passer au travers d’un certain nombre de filtres de contrôles liés à la lutte contre le blanchiment, le terrorisme, aux règles de sanctions et d’embargo », ajoute M. Espagnon.

Ce qui implique d’importants investissements pour les banques qui soupèsent l’opportunité de facturer le service aux clients. Mais pour l’heure, pas un mot! Aucune n’a dévoilé ses intentions en la matière.
www.leprogres.fr 08/07/18.

Ressources Humaines.

44% des Français travaillent en horaires atypiques.

Les horaires atypiques concernaient 10,4 millions de personnes en 2017, au moins une fois dans le mois. C’est le samedi que ces salariés sont particulièrement mobilisés : 35% d’entre eux ont dû travailler ce jour. Le travail le soir a concerné 23% des salariés, soit 5,5 millions de personnes. Le dimanche suit avec 19% des salariés ayant travaillé le dernier jour de la semaine. Le travail de nuit a touché 9% des salariés, soit 2,2 millions de personnes. Les hommes sont légèrement plus concernés par les horaires atypiques que les femmes : 44,2% pour les premiers, 43% pour les secondes.
Les hommes qui travaillent en horaires atypiques le font surtout en soirée (pour 26% d’entre eux) et la nuit (13%). Pour les femmes, les horaires atypiques concernent surtout le soir (21%) mais moins la nuit (6%). Les femmes travaillent plus volontiers le samedi. « L’âge semble aussi être un facteur, les horaires atypiques semblent diminuer en général à partir de 40 ans. Travailler en soirée est moins fréquent à partir de 50 ans et de manière plus progressive chez les femmes », précise l’étude.

Les jeunes salariés de moins de 30 ans acceptent eux aussi de travailler le samedi ; plus globalement, c’est cette catégorie de salariés qui travaille en dehors des horaires habituels. Une tendance que l’on retrouve aussi chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures : 44,9% prolongent la journée de travail le soir. Un employé sur deux travaille au moins une fois par semaine en horaires décalés, 39,2% pour les ouvriers.
www.journaldeleconomie.fr 02/07/18.

L’emploi des cadres en France bat tous les records.

Si des cadres veulent changer de poste, c’est le moment! Et pour cause: leur marché de l’emploi ne s’est jamais aussi bien porté. Il reste notamment très soutenu en ce milieu d’année, alors même qu’on aurait pu s’attendre à un fléchissement après le record de 2017 qui, avec une hausse de 9,7 % des recrutements de cadre à 240.000 sur un an, avait été une année exceptionnelle et jamais vu…

Mais l’euphorie semble bien se poursuivre: 2018 reste en effet très bien orientée, avec une progression attendue de 4,5 % du nombre de recrutements à 251.000, selon les projections de l’Agence pour l’emploi des cadres (Apec) dévoilées mercredi. «Dans un contexte où la croissance économique ralentirait en 2018 mais serait pérenne et installée, ce volume atteindrait le seuil des 255.000 en 2019 et de 260.000 en 2020. Sauf crise majeure, on reste sur des niveaux élevés de recrutement qui traduisent un marché de l’emploi cadre dynamique», indique Jean-Marie Marx, directeur général de l’Apec. Le taux de chômage des cadres est d’ailleurs au-delà du plein-emploi, aux alentours de 3,5 %, contre 9,2 % pour tout le monde.

À cela plusieurs raisons. La principale, bien sûr, est le retour de la croissance. Après une progression du PIB de 2,3 % en 2017, la hausse de la richesse hexagonale pourrait se tasser légèrement cette année en raison d’une demande intérieure un peu moins dynamique et un repli du climat des affaires, notamment dans l’industrie et la construction. Pour autant, la croissance devrait rester bien orientée et oscillerait entre + 1,9 % et + 1,6 % à horizon 2020… alors qu’elle était tombée en moyenne à + 0,8 % sur la période 2012-2016.

Et c’est un cercle vertueux qui s’enclenche! La croissance retrouvée accroît la fluidité du marché. «Quand la situation est meilleure, les gens bougent plus facilement et cela crée des appels de candidature», indique Jean-Marie Marx, en soulignant que 8,4 % des cadres ont changé d’entreprise en 2017.

Côté salariés, dans un marché en croissance et plus fluide, les cadres se montrent plus offensifs dans leur recherche d’un nouveau poste. Côté employeurs, les entreprises qui avaient gelé les recrutements de cadres dans les années de vaches maigres sont aujourd’hui «à l’os», note Jean-Marie Marx, et se retrouvent dans l’obligation de recruter pour se développer.

Sans compter qu’elles doivent s’entourer de nouveaux profils exigés par la transition énergétique ou la transformation digitale. Et cela ne concerne pas que l’informatique mais l’ensemble des postes de l’entreprise.

Cette bonne santé du marché de l’emploi des cadres crée même des phénomènes de tensions: alors qu’on était environ à 50 candidatures par offre pendant la crise, on est passé à 30, voire en dessous dans certains secteurs.

Les services restent la locomotive de l’emploi des cadres, réalisant les trois quarts des recrutements. Avec trois poids lourds: les activités informatiques et télécoms, l’ingénierie recherche et développement et aussi le conseil. «Ils ont dépassé la fonction commerciale qui reste pourtant élevée, ce qui montre bien que les entreprises sont dans une logique d’investissement», juge Jean-Marie Marx.

Les jeunes diplômés prisés

Si les cadres les plus courtisés restent ceux dont l’expérience se situe entre un et dix ans, les jeunes diplômés (moins d’un an d’expérience) devraient continuer – après des années de vaches maigres pendant et au sortir de la crise – de profiter de la bonne santé du marché de l’emploi cadre, avec 47.500 à 53.000 embauches attendues.
Pour aider les cadres dans leurs recherches, l’Apec va d’ailleurs lancer un nouvel outil, baptisé «Data Cadres», sur son site. Il s’agit d’un moteur qui permet de rechercher, parmi 4000 métiers et sur une zone géographique précise, les postes vacants mais également les entreprises qui investissent, le nombre de recrutements, les salaires, le profil des candidats ou l’actualité des territoires.
http://premium.lefigaro.fr 05/06/18.

Tourisme.

Vacances d’été : quelles sont les habitudes des Français ?

Plus de deux tiers des Français comptent partir entre juin et septembre, une majorité privilégiant l’Hexagone, au mois d’août. Franfinance, filiale de la Société Générale, dévoile dans une étude où, comment, quand et avec quel budget nos concitoyens partent au soleil.

Alors que la météo rappelle à notre souvenir le début de la période estivale, Franfinance (filiale de la Société Générale) et le CSA publient une étude qui dévoile les habitudes des Français s’agissant de l’organisation et du financement de leurs vacances d’été sur une période allant de début juin à fin septembre. Premier constat: en majorité, les Français sont des aoûtiens qui partiront quelque part en France, mais une certaine proportion d’entre eux posera ses congés hors saison ou à l’étranger.

Au total, selon cette étude, 68% des Français ont prévu de prendre des vacances cet été. À l’inverse, 32% ne comptent pas prendre quelques jours au cours de ces quatre mois, parmi lesquels les CSP les moins élevées sont surreprésentées. 68% encore, c’est la part des vacanciers qui feront le choix de rester en France pour passer leur été, parmi lesquels sont majoritaires les plus de 65 ans et les 35-49 ans, au contraire des Franciliens et surtout des jeunes, les 18-24 ans faisant à 48% le choix de l’étranger.

Les Français faisant le choix de partir hors saison représentent tout de même 30% des vacanciers, et sont également répartis sur juin et septembre. En cause, des prix moins chers et des destinations moins bondées. Les retraités sont d’ailleurs particulièrement nombreux (31%) à choisir le mois de septembre.

Quel budget pour partir ?

Pour deux semaines de vacances dans l’Hexagone, les Français sont 56% à prévoir moins de 1000 euros par personne. En ce qui concerne les départs à l’étranger, les sommes consacrées sont plus élevées: la moitié des Français partant en Europe prévoiront de dépenser entre 500 et 1500 euros. Mais si c’est une chose de définir un budget, il est moins simple de s’y tenir: 82% prévoient un budget mais la moitié d’entre eux le dépassent, en particulier les plus jeunes qui pour 12% avouent systématiquement casser leur tirelire. Ceci est compensé par le fait que 70% prévoient une marge de sécurité supplémentaire d’au moins 500 euros, de quoi couvrir un imprévu.

Sans surprise, les Français vont consacrer leurs premiers postes de dépense au confort: l’hébergement et la restauration arrivent sur les deux premières marches du podium, suivis par les visites. Les jeunes ont en revanche une conception différente des vacances: ils feront le choix d’investir en majorité dans les loisirs et le shopping sur place.

Partir en vacances, et les financer, peut-être pour certains un projet de longue haleine: 28% des estivants disent économiser plus d’un an pour partir en vacances, un chiffre qui atteint 43% chez les ouvriers. Ce qui peut en pousser à céder à la tentation du crédit: 30% des Français se déclarent prêts à souscrire un crédit pour s’offrir un voyage, une proportion qui atteint près de la moitié chez les jeunes, plus prodigues que leurs aînés.

Enfin, si une pratique s’est généralisée parmi les vacanciers, c’est bien celle de réserver ses vacances en ligne: 87% des Français réservent leurs séjours sur internet, que ce soit sur des sites spécialisés ou, dans une moindre mesure, des sites de promotions.
http://premium.lefigaro.fr 03/07/18.

Le tourisme à bicyclette engendre une activité florissante.

Chaque kilomètre aménagé pour les cyclotouristes rapporterait de 17 000 à 30 200  euros par an aux territoires concernés. Commerces et hôteliers s’adaptent à cette nouvelle clientèle
En 2017, la fréquentation des principaux itinéraires cyclables de France a progressé de 8 % par rapport à 2016, selon les chiffres publiés le 3 juillet par Vélo et territoires.

Un défilé incessant. Les dimanches d’été, le long du canal du Loing, dans le sud du département de Seine-et-Marne, les cyclistes se succèdent à un rythme régulier. Voyageurs dont les bagages sont glissés dans des sacoches amovibles, sportifs aux maillots multicolores en quête de performances, familles en promenade, il y en a pour tous les goûts.

Le canal du Loing n’est pas une exception. En 2017, la fréquentation des principaux itinéraires cyclables de France a progressé de 8 % par rapport à 2016, selon les chiffres publiés le 3 juillet par Vélo et territoires, une association d’élus qui rassemble 80 collectivités locales engagées dans la promotion de la bicyclette. Depuis 2013, la hausse atteint 18 %.

Cet afflux de cyclistes sur les routes de France finit par susciter la convoitise des professionnels du tourisme. Le long des itinéraires, des commerces ouvrent, des loueurs de vélos s’installent, des hôteliers s’adaptent à cette nouvelle clientèle. Sur la ViaRhôna, un itinéraire qui court le long du Rhône entre le lac Léman et la Méditerranée, 65 000 nuitées liées au cyclotourisme ont été enregistrées en 2017, estime le cabinet de conseil Inddigo, qui a publié en mars une étude consacrée à cette voie.

Les touristes à vélo consomment davantage

Le label Accueil vélo, développé par les professionnels du tourisme, est aujourd’hui attribué à 3 400 prestataires, contre 2 600 en mars 2017, des offices de tourisme aux hôtels, en passant par des sites remarquables. Ces opérateurs s’engagent à fournir des services adaptés, tels que des abris sécurisés, le transfert de bagages ou des kits de réparation.

L’économie qui se met doucement en place le long des itinéraires se révèle particulièrement lucrative. Les touristes à vélo sont réputés dépenser davantage que les autres visiteurs. Ainsi, chaque voyageur qui découvre la Loire à vélo, le plus fréquenté des itinéraires de France, avec presque un million de visiteurs par an, consomment en moyenne…
/www.lemonde.fr 06/07/18.

Partout dans le monde, des remèdes sont testés face à l’afflux de touristes

Leonardo DiCaprio a beau être un fervent écologiste, sa notoriété entraîne parfois des nuisances pour la planète. En Thaïlande, les autorités ont dû interdire à la visite de Maya Bay, sur l’île de Phi Phi Leh, décor du film La Plage, où la star batifolait avec Virginie Ledoyen et Guillaume Canet. Trop touristique, le lieu a été victime de son succès.

Rendre inaccessible une destination de rêve? La mesure est radicale pour la préserver, mais contre-productive pour continuer à attirer les touristes, pourvoyeurs de devises et moteur du développement local. Il existe heureusement des recettes pour endiguer le surtourisme sans tuer la poule aux œufs d’or. Au Taj Mahal, certains en font les frais: un quota a été fixé à 40.000 Indiens par jour, pour ne pas faire fuir les touristes étrangers.

À Barcelone, l’entrée au parc Güell et à celui de Montjuïc est désormais payante pour les touristes

«Les professionnels sont les garants des destinations touristiques. Ils doivent s’engager avec les gouvernements pour mettre en place un tourisme durable, assurent Alex Dichter et Gloria Guevara Manzo, auteurs d’une étude sur «la gestion du surpeuplement dans les destinations touristiques» pour McKinsey. Il faut trouver un compromis: quand le surtourisme va trop loin, ses répercussions peuvent être irrémédiables.»

Partout dans le monde, les autorités chargées des destinations engorgées ont mis en œuvre des plans pour limiter le trafic. À Barcelone, l’entrée au parc Güell et à celui de Montjuïc est désormais payante pour les touristes. Pour éviter d’éconduire les touristes, d’autres mesures sont testées. Objectif: répartir le trafic d’un site tout au long de la journée ou de l’année, ou le dérouter vers des destinations moins prisées, à quelques rues ou à des centaines de kilomètres…

Le «yied management»

Une décision prise parfois sous la pression de l’Unesco, qui n’hésite plus à menacer de retirer certains sites à risque de son classement au patrimoine mondial. La vieille ville fortifiée de Dubrovnik (Croatie) est victime de la mode des croisières, avec un million de visiteurs par an, dont 800.000 débarquant de gigantesques bateaux. L’Unesco a recommandé de limiter l’accès quotidien à 8000 visites, un chiffre que le maire s’est engagé à diviser par deux, surveillance vidéo à la clé.

Amsterdam n’est pas encore au stade de bouter les touristes hors des canaux, du Musée Van Gogh et de la maison d’Anne Frank. Mais les autorités ont stoppé la promotion de la destination. De plus, pour faciliter la vie des visiteurs, elle interdit les visites en calèche et en Segway, refuse l’ouverture de nouvelles boutiques de souvenirs et affiche le temps d’attente pour entrer dans les principaux sites.

De la tour Eiffel à The Burj Khalifa ­(Dubaï), de plus en plus de sites expérimentent le « yield management » et font varier les prix selon les saisons et l’heure de la journée
Cette optimisation des lieux les plus fréquentés passe par la gestion rigoureuse des visites. Aux États-Unis, de plus en plus de parcs nationaux, tel celui de Zion (Utah), envisagent de mettre en place un système de réservation pour réguler l’accès. L’association des grands parcs de Californie est allée plus loin, avec une réservation obligatoire pour ses campings.

De la tour Eiffel à The Burj Khalifa (Dubaï), de plus en plus de sites expérimentent le «yield management» prisé des compagnies aériennes et hôtelières. Ils font varier les prix selon les saisons et l’heure de la journée. Certains proposent même un tarif plus élevé pour ceux qui souhaitent entrer sans faire la queue…

Itinéraires de délestage

Dans une approche plus positive envers les touristes, certaines destinations mettent en place des itinéraires de délestage. À Venise, les autorités ont lancé en 2014 la campagne «Détourisme: voyager à Venise comme un local» avec des suggestions d’itinéraires bis pour découvrir d’autres lieux que la place Saint-Marc et le Rialto. Londres et Amsterdam ont imaginé des programmes similaires. Plus ambitieux encore: organiser le déroutage des touristes étrangers à l’échelle nationale, comme le tente le Japon avec son programme «Shoryudo».

La mesure la plus radicale a été décidée par le Bhoutan dès son ouverture au tourisme. Ce pays situé sur l’Himalaya, célèbre pour avoir créé l’indice de Bonheur national brut, a instauré un package minimum pour chaque touriste: 250 dollars par jour en haute saison (200 en basse saison), couvrant le logement, les repas et une contribution au développement durable du pays. Pour les touristes comme pour les populations locales, le bonheur a un prix de plus en plus élevé…
http://premium.lefigaro.fr 07/07/18.

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