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  • 19 mai 2017
  • Par Violaine Cherrier

Place aux plateformes de commerce de voyage

Ces dernières années, nous sommes passés de GDS (Global Distribution System ou système de réservation informatique) traditionnels à une plateforme de commerce de voyage pour adresser les nouveaux challenges, les manques d’efficacité et les besoins non satisfaits de toutes les composantes de la chaîne de valeur du voyage. Une évolution bénéfique pour le voyageur qui accède désormais, via son agent de voyages, à une offre touristique bien plus diversifiée.

Entretien avec Emmanuel Bourgeat directeur général de Travelport France.

Emmanuel Bourgeat, directeur général Travelport France

Emmanuel Bourgeat, directeur général Travelport France – © Travelport

i-tourisme  / APST : On peut considérer que votre métier a changé. Le périmètre traditionnel des GDS n’est plus le même. Il s’est enrichi considérablement. Ma première question est pourquoi et ma deuxième comment ?
Emmanuel Bourgeat : Le pourquoi et le comment sont, en fait, une seule et même chose. En passant sur un mode graphique, nos plateformes sont entrées dans un monde ouvert. Nous sommes désormais capables d’embarquer une bien plus grande richesse d’information. Les agences peuvent désormais vendre de multiples nouveaux services qui n’étaient précédemment pas accessibles. C’est cette évolution technologique, du mode graphique, qui explique le pourquoi et le comment.

i-tourisme  / APST : Peut-on considérer cette évolution comme un avantage, sachant que vendre des ancillary (auxiliaires) reste complexe et le mode cryptique est plus apprécié par les experts en agence ?
Emmanuel Bourgeat : Justement nous avons simplifié la vente de services additionnels par le mode graphique qui complète le mode cryptique. Les experts pourront garder le mode cryptique et continuer de travailler, comme ils en avaient l’habitude. Mais si l’agent de voyage souhaite enrichir sa vente, le mode graphique offre une visibilité de lecture qui l’aide à apporter du conseil et de la valeur ajoutée. C’est vrai pour les ancillary comme pour tous les autres flux extérieurs.

i-tourisme  / APST : C’est-à-dire ?
Emmanuel Bourgeat : Notre plateforme est désormais ouverte à d’autres flux comme les hôtels, la location de voiture, etc. En effet, nous changeons de métier : nos offres sont plus étendues et le mode graphique va contribuer à renforcer la productivité de l’agent de voyage.

i-tourisme  / APST : Vous avez un exemple à nous donner ?
Emmanuel Bourgeat : Pour vendre un hôtel, les agences de voyages étaient obligées de sortir de leur application pour aller chercher un flux d’agrégateur. Avec notre nouvelle plateforme, ce

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n’est plus nécessaire. Elle reste sur le même écran qui est partagé en 2, avec d’un côté le contenu sur l’établissement avec des photos de l’autre un pop-up merchandising et les avis de tripadvisor.  L’avantage c’est de tout avoir dans le même applicatif : du PNR, au reporting et passant par l’interface comptable.

i-tourisme  / APST : Oui, mais si l’agence ne trouve pas l’hôtel de son choix ?
Emmanuel Bourgeat : D’abord, notre offre hôtelière, avec 650 000 établissements, est la plus importante du monde des GDS. Ensuite, si l’agence, souhaite inclure un hôtel qu’elle connait parce qu’il se trouve dans sa ville, elle peut sourcer le flux. Quand on parle de plateforme ouverte, on parle bien de l’intégration de contenu. Nous sommes très attachés à la valeur ajoutée de l’agence et nous tenons compte de ses demandes.

i-tourisme  / APST : C’est bien le sujet, défendre l’intermédiation !
Emmanuel Bourgeat : Mais, oui ! Mais quelle est la situation ? Les 2/3 de l’offre de billet d’avion passent par le circuit professionnel. Qui détient cette information en premier ? C’est l’agence. Par définition elle est la mieux placée pour vendre un hôtel, un spectacle, une location, etc. En plus ce sont des produits à marge ce qui va permettre à la distribution d’améliorer sa rentabilité. Ce n’est pas nouveau, les brochures le font depuis 10 ans, sauf que maintenant ça passe par les GDS. Ça change tout.

i-tourisme  / APST : Vous pensez que les agences vont s’en servir comme un atout ?
Emmanuel Bourgeat : Il le faut. Face au numérique, le GDS est le plus à même à défendre l’intermédiation et permettre aux agences de reprendre l’initiative. Notre mission est de leur donner  les moyens de s’adapter aux nouveaux challenges du marché, d’être plus productives, plus rentables et surtout de faire valoir leur expertise. Je reprends l’exemple du billet d’avion : l’agence vend un aller et retour sur Berlin. C’est elle qui détient avec précision les informations pour vendre à son client toutes les prestations qui sont autour en restant sur un même écran.

i-tourisme  / APST : Mais si elles ont déjà des tarifs négociés ailleurs ?
Emmanuel Bourgeat : Elles pourront comparer. Je le répète, avec une API, elles peuvent connecter d’autres canaux. L’enjeu c’est de proposer des alternatives dans un environnement familier pour elle. Comme a coutume de dire Marc Edlinger de Frequent Flyer il faut pour nos métiers d’agence de la rapidité, de la productivité et de la qualité.

i-tourisme  / APST : On peut dire ça pour tout !
Emmanuel Bourgeat : Sauf que nous en apportons une démonstration concrète. Je prends l’exemple de la location de voiture. Notre offre se présente comme un comparateur : avec 24 marques, 37 000 points de vente. Pensez que les agences vont pouvoir en quelques clics proposer une offre pléthorique, avec des prix négociés sans sortir de leur écran. Difficile de faire mieux !

Par Rémi Bain-Thouverez, rédacteur en chef d’i-tourisme

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